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Le bois, bon pour la santé ?

Le projet de recherche Bois H2 vient d’être sélectionné par la Région Pays de la Loire dans le cadre de l’appel à projets “Paris scientifiques régionaux”. L’équipe bénéficiera d’un accompagnement financier pour étudier les propriétés antimicrobiennes du bois dans les établissements médicalisés. Ce projet est mené par l’ESB en partenariat avec l’Université de Nantes, le CHU d’Angers, Oniris Nantes-Atlantique et la société YouR ResearcH Bio-Scientific SAS.

Étudier les interactions entre bois et bactéries

Le bois est un matériau important en construction et aménagement intérieur. Récemment, des études ont démontré les effets bénéfiques d’un environnement en bois sur la santé et le bien-être de ses occupants. Cependant peu d’établissements hospitaliers l’utilisent en raison de sa surface poreuse présentée comme inappropriée dans des environnements sensibles aux infections microbiennes (nettoyage, contamination croisée, maladies nosocomiales…).

En 2016, une première collaboration entre l’ESB, Oniris Nantes-Atlantique et YouR ResearcH Bio-Scientific SAS permet de poser les bases de cette recherche sur les interactions entre bois et bactéries, dans le domaine alimentaire. Cette préétude démontre que certaines essences de bois ont une influence sur les micros-organismes. En 2017, l’ESB déclenche avec ses partenaires une coopération régionale avec les CHU d’Angers et de Nantes. Le consortium Bois H2, soutenu par le Codifab, l’organisme de financement de la filière bois vient d’être sélectionné par la Région Pays de la Loire dans le cadre des Paris scientifiques régionaux, un appel à projets destiné aux chercheurs afin de permettre l’exploration de “sujets scientifiques innovants et en rupture avec les axes de recherche déjà reconnus au sein de leurs laboratoires”.

Pour Christophe Belloncle, Directeur de la recherche au sein de l’ESB, « le soutien de la Région et du Codifab nous donne l’opportunité d’apporter de nouvelles connaissances à la filière bois. Nous avons réussi à démontrer que des interactions existaient lors de la mise en contact de bactéries avec le bois. A ce jour, plusieurs essences ont été testées vis-à-vis d’une trentaine de souches bactériennes, sensibles ou non aux antibiotiques. Les premiers résultats prouvent déjà une activité forte pour des couples essence de bois – souche bactérienne ».

Une équipe scientifique pluridisciplinaire mobilisée pour 3 ans

L’équipe du consortium est composée d’une quinzaine de chercheurs, d’un doctorant et de plusieurs étudiants en master. Ensemble, ils partagent leurs connaissances sur les domaines du bois, de l’alimentation et du domaine hospitalier.

Hélène Pailhories est Maître de conférences des universités-praticien hospitalier (MCU-PH). Elle contribue à ce projet dans le cadre de ses recherches pour le Laboratoire de Bactériologie-Hygiène du CHU d’Angers. Au sein du consortium, elle encadre les tests bactériologiques afin de mettre au point une méthode standardisée qui permettra d’analyser le bois, un matériau différent car vivant, de manière optimale.

« Nous travaillons sur la notion de spectre d’activité et les premiers résultats sont très intéressants. Une souche peut être fortement impactée par un type d’essence en particulier et ne montrer aucune réaction au contact d’un autre. A terme, notre objectif est de trouver comment fonctionne cette activité et à quoi elle est attachée afin de découvrir au bois de nouvelles propriétés, de contribuer à sa réhabilitation dans le milieu de la santé et de prouver que ce matériau peut être utilisé, notamment dans l’environnement hospitalier. »

Trois axes sont explorés : l’activité bactéricide et/ou bactériostatique (qui inhibe la multiplication des bactéries sans les tuer) du bois, son activité antifongique et son observation en milieu contaminé. Avec pour objectif d’observer ce qu’il advient des bactéries : sont-elles piégées ? En phase de latence ou définitivement détruites?

Publié le 26-Avr-2019
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