Recherche participative : quand la science croise les besoins d’une entreprise
Dans le cadre d’une semaine de cours dédiée aux “sciences du bois” (électif), nos élèves ont expérimenté, sur le terrain, toute la richesse d’une démarche de recherche participative. Les Ateliers Grouazel les ont accueillis pour effectuer des mesures sur des bois ressuyés, et ainsi offrir de vraies données scientifiques sur la durée de séchage du bois en extérieur.
Dans le cadre de son projet O’Xylo, l’École supérieure du bois s’est dotée d’une large gamme d’équipements pour caractériser le bois in situ et collecter des données extrêmement fines en fonction de son environnement. La base de données qui sera créée au fil du temps, grâce à cela, aura un caractère totalement unique.
Pour illustrer directement ce propos, Franck Michaud, enseignant-chercheur à l’École, et Fabien Clément, ingénieur bois, ont proposé à leurs élèves de s’approprier ces outils, et de les tester sur le terrain, avec la coopération de Valentin Huchet, directeur de production des Ateliers Grouazel : “Quand l’École nous a proposé ce projet, on a tout de suite pensé à la valeur ajoutée que nous pourrions apporter à nos clients, confie-t-il. Nous leur avons proposé de faire des mesures sur des bois ressuyés de différents âges : 6 mois, 1 an, 2 ans, 5 ans… L’idée est de mettre de vraies données scientifiques derrière la conviction partagée par toute la filière que, plus un bois sèche longtemps à l’air libre, mieux c’est. Et donc d’apporter de vrais arguments lorsqu’on les vend”.

Des études de terrain qui contribuent à valoriser le matériau bois
Ce projet est au cœur même de ce que l’on appelle la recherche participative, qui permet de produire des connaissances en faisant appel aussi bien aux chercheurs qu’aux personnes non-académiques, pour collecter, analyser et éventuellement diffuser des données précieuses dans un secteur. En l’occurrence : le bois ! “Plus spécifiquement, nous cherchons à collecter des données sur le matériau et sa performance tout au long de son cycle de vie, explique Franck Michaud. Les acteurs peuvent intervenir à différentes étapes et, à chaque étape, orienter la définition des observations (choix de l’échantillonnage) en fonction de leur expertise et leurs pratiques. Ils peuvent aussi nous partager leurs questionnements liés à des problématiques de qualité, de performance, d’approvisionnement, de transformation, en lien aussi avec leur propre environnement”.
Une démarche donnant-donnant
La démarche de recherche participative vient donc ici non seulement nourrir des données scientifiques précieuses, mais aussi répondre à des besoins immédiats d’entreprises sur les questions qu’elles se posent, dans un esprit donnant-donnant qui fait progresser la connaissance du matériau bois et donc, in fine, sa valorisation. “Cette première sortie sur le terrain avec les équipements O’Xylo nous a aussi permis d’affiner l’approche, poursuit Franck Michaud. Nous nous apercevons qu’il est primordial de collecter un grand nombre de métadonnées pour rendre ce travail valable (paramètres de terrain, par exemple) et nous sommes en train de concevoir un dispositif d’enregistrement des données davantage guidé, pour que nos élèves puissent réaliser des mesures en autonomie complètes et qualitatives, sans oublier de paramètres.”
“C’était encore mieux que ce que j’imaginais”
Les élèves ont largement apprécié l’expérience. Alexandre confie : “ je cherchais à me remettre à niveau sur les notions de science du bois et découvrir des métiers qu’on ne voit pas tous les jours et cet objectif a été entièrement rempli, voire même dépassé !” Même son de cloche chez Jérémy : “c’était encore mieux que ce que j’avais imaginé. Nous avons aussi découvert la façon de vraiment bien utiliser les appareils de mesure, avec des problèmes de terrain, ce qui donne des clefs pour les prochains élèves qui les utiliseront”. Pour Valentin, “ce genre de mise en situation concrète permet de comprendre l’intérêt et les limites de l’outil d’une manière qu’aucun cours théorique ne peut transmettre”.
Au final, tous et toutes ont envie d’aller plus loin : “les liens que l’on peut faire entre les différents appareils m’a donné envie d’en apprendre plus”, explique Marine. Et pour Ameline : “en approfondissement, j’aimerais continuer la démarche pour mieux connaître les autres appareils, que nous n’avons pu que survoler”.

Enthousiasme partagé
“Ce qu’on a beaucoup aimé, c’est la capacité des étudiants à se poser des questions. Et les bonnes, surtout ! ajoute Valentin Huchet. Nous sommes impatients d’obtenir les résultats de la caractérisation, car nous allons peut-être découvrir des choses qu’on ignore, sur les conditions de stockage par exemple, et qui nous permettront d’ajuster nos pratiques”. Du côté de l’École supérieure du bois, l’expérience donne aussi envie d’explorer encore d’autres pistes : “Nous sommes très ouverts à reproduire ce type de campagne, détaille Franck Michaud. Cela peut se faire via nos élèves en apprentissage, ou alors en groupe comme nous l’avons fait ici, dans ce cas sur un site de transformation du bois ou d’usage, afin d’observer les différences et adapter notre pratique aux différents terrains”.
Vous aimeriez contribuer à la recherche participative O’Xylo ? Contactez Franck Michaud (franck.michaud (at) esb-campus.fr) ou Fabien Clément (fabien.clement (at) esb-campus.fr).