Projet BâtiRoseau : comprendre la dégradation prématurée des toitures en chaume
Le projet BâtiRoseau vise à lever les verrous scientifiques expliquant la dégradation prématurée des couvertures en chaume. L’objectif est de caractériser le comportement hygrothermique réel de ces toitures pour restaurer la confiance technique de la filière et structurer la production française de roseau.
Un matériau fragilisé par un manque de connaissances scientifiques
Le chaume, dont l’usage en toiture fait partie du patrimoine bâti, est un matériau biosourcé et local, renouvelable chaque année. Mais depuis le début des années 2000, les couvertures en chaume présentent des dégradations prématurées. Ceci tend à fragiliser toute la filière : risque assurantiel, litiges récurrents, perte de confiance des maîtres d’ouvrage, et dépendance croissante aux importations alors que les gisements français restent sous-mobilisés.
Ces désordres restent aujourd’hui mal expliqués : l’implication de notre laboratoire LIMBHA vise à lever les verrous scientifiques identifiés dans les travaux préparatoires de BâtiRoseau, dans un contexte où la littérature internationale sur les couvertures en chaume reste limitée et fragmentée.
Quatre objectifs pour refonder la filière chaume
Le projet BâtiRoseau, porté par le Parc naturel régional de Brière, s’articule autour de quatre objectifs principaux :
- Valider les règles professionnelles. Ceci dans le but de faciliter la prescription et l’assurabilité des ouvrages en chaume, en apportant un cadre technique reconnu.
- Mieux comprendre la durabilité du matériau. Des travaux de recherche visent à analyser les mécanismes de dégradation — notamment fongique — pour améliorer les pratiques et la longévité des toitures en chaume.
- Développer de nouveaux usages du roseau. Au-delà de la couverture, il s’agit d’explorer d’autres applications de ce matériau (transformation en panneaux d’isolation, en briques, en torchis…) dans une logique d’économie circulaire, et de valoriser les coupes d’entretien des roselières.
- Structurer la filière à l’échelle nationale, en favorisant la coordination entre les différents acteurs : gestionnaires de roselières (Conservatoires du littoral, Parcs naturels régionaux…), coupeurs de roseau, chaumiers, architectes, chercheurs et organismes de formation.
L’apport scientifique de LIMBHA
C’est sur le deuxième objectif, la compréhension des mécanismes de dégradation, que le laboratoire LIMBHA concentre son action. Il s’attache à caractériser le comportement hygrothermique réel des toitures en chaume et à en développer la modélisation, en faisant varier les paramètres de conception de toiture. Un lien fort est maintenu tout au long du projet avec l’Université de Caen et UniLaSalle sur les aspects fongiques de la dégradation.
Cette caractérisation doit produire des séries de données aujourd’hui inexistantes dans la littérature internationale, cinétique de mouillage, progression de l’humidité profonde, dynamique de séchage, stratification hygrométrique, et fournir ainsi la base technique nécessaire à la validation des règles professionnelles visées par le premier objectif du projet.
Le projet comporte également un volet formation, avec des projets de majeure construction et des stages proposés à nos élèves ingénieurs.
Durée : 4 ans (démarré en 2024)
LIMBHA : Christophe Belloncle, Francesca Lanata, Mark Irle
Porteur du projet : Parc naturel régional de Brière
Partenaires scientifiques : Université de Caen, UniLaSalle
Financeurs : France 2030, Ademe
